Montréal, une industrie sous perfusion ?

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3 réponses

  1. Bus dit :

    Salut, quand tu écris «À coups de crédits d’impôt, Montréal a su attirer l’industrie, mais qu’adviendra-t-il si d’autres régions se montrent plus agressives dans le dumping social?», est-ce que tu considères que le Québec (et l’Ontario) pratiquent déjà le dumping social? Pour moi ces provinces offraient juste des crédits d’impôts extrêmement avantageux. C’est une politique fiscale, qui en vaut une autre (certains pays misent dans d’autres secteurs), mais je ne vois pas le dumping social là-dedans. Dumping fiscal à la limite, si on ne s’arrête pas à la connotation négative du mot «dumping» (si on se met à parler de dumping dès qu’un pays offre un avantage fiscal, alors il y a du dumping fiscal partout). C’est sûr que ces avantages fiscaux sont une stratégie pour tirer les coûts de production vers le bas.
    Mais pour ce qui est du dumping social, j’aimerais bien avoir des exemples si ça existe. Si les conditions de travail dans le jeu vidéo sont très difficiles, avec une grosse précarité des employés qui ne sont pas en CDI mais plutôt en CDD le temps du développement du jeu (avec des heures sup’ en pagaille, éventuellement rattrapées par des congés une fois le jeu terminé), c’est plutôt lié au caractère spécifique du marché non? Cela me parait plus être une dérive naturelle du libéralisme économique (qu’on veut bien laisser faire, certes) qu’une stratégie publique sciemment orchestrée par les provinces canadiennes pour attirer les entreprises de jeu vidéo. Et niveau salaire (un point clé du dumping social), je serais surpris que les employés d’Ubi ou WB à Montréal ne gagnent pas plus que leurs collègues français. Mais je ne connais pas les chiffres, je peux me tromper.

    • Bounthavy dit :

      Je te l’accorde, le terme « dumping social » n’est peut-être pas le plus approprié. Beaucoup de régions et de pays cherchent à attirer les industries liées aux nouvelles technologies (dont le jeu vidéo) car les employés sont censés être plus diplômés et appartenir à une classe sociale plus favorisée. C’est le cas dans plusieurs régions du Canada, à Londres, dans certaines zones franches en France, etc. Ce n’est pas pour la beauté de la région ontarienne qu’Ubisoft et d’autres se sont implantés là-bas. Il s’agit bien d’avantages fiscaux. Donc, oui, les provinces canadiennes sélectionnent les industries qu’elles souhaitent voir s’établir dans leur territoire, et les jeux vidéo en font partie.
      En parlant de « dumping social », j’avais en tête le fait qu’en France les salariés sont relativement favorisés et protégés. Or les gros groupes de jeu vidéo n’ont pas intérêt à avoir beaucoup de CDI car cela leur coûte plus cher en France que dans d’autres régions. Il me semble que les contrats sont beaucoup plus souples au Canada et aux USA. C’est en pensant à cet aspect de protection qu’offrent les contrats de travail en France, que j’ai employé le terme de « dumping social » sans doute à mauvais escient.

      • Bus dit :

        Je suis curieux de voir d’ailleurs ce que le groupe de travail en soutien au JV français récemment (créé par le gouvernement, avec les syndicats de JV, Ubi…) proposera pour que la France reste compétitive. Actuellement, c’est clair que les avantages fiscaux sont le nerf de la guerre pour attirer les boîtes de jeu. Sur l’aspect formation, la capacité à fournir une main d’oeuvre qualifiée et abondante, j’ai pas l’impression que ce soit décisif, la France ne me parait pas en retard.
        Je me demande s’il ne faudrait pas développer une sorte de spécificité française au niveau des conditions de travail. Au niveau salaire, ce sera toujours plus faible qu’en Amérique du Nord, mais avec un accompagnement du public, il y aurait peut-être moyen de faire valoir des avantages sociaux, et surtout des emplois permanents, des CDI (avec pourquoi pas un soutien gouvernemental filé en échange d’embauches en CDI plutôt qu’en contrat de mission, un soutien qui permettrait justement de payer les salaires entre deux jeux). On sait bien que la culture du CDI en France a tendance à effrayer les entreprises, qui ont peur de se retrouver coincées. Mais on peut transformer ça en atout: promettre des CDI, ça peut attirer des développeurs qui auraient envie de moins stresser sur leur avenir professionnel. Ça, les avantages sociaux inhérents à la France (système de santé avantageux, etc…). Pis l’idée de vivre en France, y’a plein de Québécois qui aimeraient ça aussi.

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