Sorti en 2018, cette série est l’un des derniers mélanges étranges entre le genre de l’anime de robots et la romance dans un monde dystopique où les contes de fée ne sont vraiment pas ce que l’on croit.
Dans les bandes annonces et les images promotionnelles, la position très suggestive des pilotes sert à aguicher le public pour mieux l’entraîner dans une intrigue relativement complexe où les ennemis en forme d’insectes du début laissent rapidement la place à des découvertes plus perturbantes.
Conçu par les studios TRIGGER et A-1 Pictures, la série bénéficie d’une équipe de vétérans comprenant Masayoshi Tanaka au chara-design (Your Name), Shigeto Koyama au mecha-design (Gurren Lagann). Comme dans les autres productions de TRIGGER, il y a énormément de références à l’histoire des anime de robots pour le public connaisseur et l’ensemble pourrait être perçu comme une tentative de faire une version optimiste d’Evangelion.
Dans les deux séries, la terre a été ravagée et l’humanité ne survit que dans des zones limitées. Il s’agit de « Plantation », ville mobile et fortifiée qui se déplace vers le lieu d’où semble émerger les ennemis extraterrestres, les Hurleurs (krôryû en japonais). Ceux-ci ressemblent à des hordes d’insectes géants avec qui il semble impossible de communiquer. Pour les vaincre, des duos de combattants pilotent des FranXX, robots biomécaniques conçu par le Dr. Franxx sous la supervision de APE, institution qui rappelle le SEELE d’Evangelion.
Comme dans la série de Hideaki Anno, Darling in the Franxx propose des robots vivants conçus à partir de créateurs extraterrestres dont l’aspect et la puissance évolue en fonction des émotions des pilotes. Dans les deux cas, perdre le contrôle de soi équivaut à révéler le monstre qui est dans la machine biomécanique, ce qui occasionne des scènes de combats féroces et très sanglantes.
Comme Gurren Lagann produit chez Gainax par les fondateurs de TRIGGER, la série s’inspire des Getter Robot pour les transformations évolutives des robots.
Mais elle reprend surtout le concept du duo de pilotes déjà présent dans Five Star Stories de Mamoru Nagano. Cette série de manga publiée depuis 1986 met en scène des robots géants connus sous le nom de Mortar Headds qui ne peuvent être dirigé que par un couple formé par un Headdliner (équivalent d’un chevalier) et d’une Fatima, créature généralement d’aspect féminin qui sert d’interface entre le Headdliner et le robot.
Certains pilotes traitent les Fatima comme des objets jetables ou des esclaves sexuels tandis que d’autres les vénèrent comme les chevaliers respectent leurs dames dans les chansons de Fin’amor du Moyen Age occidental.
Enfants en cage
Dans Darling in the Franxx, la référence récurrente est moins l’amour courtois que le conte de fée. Les héros sont des enfants étranges vivant à Mistilteinn, sorte de cage à oiseau géante, loin de tout adulte en dehors des quelques personnes qui ont leur garde. Leur seule activité est de s’entraîner au combat pour vaincre un maximum de Hurleurs et espérer ensuite vivre avec les adultes, ou « parents ». Évidemment, la vérité est bien différente de ce qu’ils croient.
Chaque unité de FranXX est pilotée par une fille jouant le rôle de Pistil et un garçon désigné comme Étamine, les deux termes faisant référence aux organes reproducteurs mâle et femelle des plantes. Contrairement aux robots fabriqués en série des autres unités, ceux des héros de la série possèdent un design unique et des noms de fleur : Delphinium, Argentea, Genista, Chlorophytum, Strelizia.
Les enfants soldats sont appelés parasites et n’ont initialement qu’un numéro. Néanmoins, l’un des garçons nommés Code:016 décide un jour d’attribuer un nom à tout le monde. Il devient alors Hiro (jeu de mot sur la prononciation de son numéro), et il désigne ses camarades par des prénoms.
Mais un jour, il n’est plus capable de se synchroniser avec sa partenaire et ne peut plus pilote de FranXX ce qui le rend inutile et le condamne à disparaître jusqu’au moment où il s’allie avec la mystérieuse Zero Two. Cette fille dotée de cornes sur la tête est connue pour avoir tué ses précédents partenaires dans les FranXX. Son seul désir est de retrouver le Darling, le prince charmant qu’elle a croisé lorsqu’elle était enfant.
Tous ces éléments sont élucidés à mesure que la série progresse et l’ensemble forme un commentaire très cohérent sur le problème de la reproduction sexuée sur fond de robot biomécanique à nom de fleur s’opposant à des hordes d’insectes pollinisateurs extraterrestres.
Plus imagées que les interrogations philosophiques sur le sens de la vie à la Evangelion, les questions que soulèvent l’intrigue de science-fiction sont d’autant plus intéressantes que le Japon est toujours dans un déficit de naissance.
Laisser un commentaire