Gurren Lagann, l’héritier des Super Robots

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Faisant partie de ce qu’on pourrait qualifier de la nouvelle vague du studio Gainax, Gurren Lagann est l’antithèse de Neon Genesis Evangelion : une dose d’optimiste forcenée. Avec ces références constantes aux Super Robots des années 1970 et des héros dotés d’une infaillible volonté de vaincre, la série contribue à remettre au goût du jour les machines à la Go Nagai.

Le départ de Hideaki Anno pour fonder le studio Khara en 2006 a permis à certains jeunes talents de Gainax de prendre la main et concrétiser leurs idées personnelles. C’est le cas de Hiroyuki Imaishi, qui après des études en école d’art, a débuté comme intervalliste durant la fin de la série Evangelion.

En 2007, il réalise sa propre série : Gurren Lagann. Les 27 épisodes lui permettent de résumer et transcender toute l’histoire des anime de robots. Accessoirement, les personnages sauvent la galaxie et permettent à Gainax d’avoir un succès commercial.

Inspiration 1970

Dans un futur lointain, les humains vivent dans des villages sous terre sans jamais voir le ciel. Ils passent leur temps à creuser afin d’agrandir leur territoire en espérant que les tremblements de terre ne les tuent pas. Mais un jour, le jeune Simon découvre un robot doté d’une vrille qui va changer le cours de l’histoire.

Accompagné de son mentor Kamina, il perce vers la surface et découvre que les humains sont chassés comme des animaux par des créatures étranges. Mais les deux amis détournent les machines des ennemis et commencent la reconquête. Kamina pilote le Gurren tandis que Simon a un mecha plus petit, Lagann. Lorsqu’ils combinent les deux machines, ils deviennent presque invincibles. Muni d’une foreuse, le robot transperce les ennemis dans une attaque finale. La vrille correspond aussi aux brins d’ADN des espèces vivantes en lutte avec l’ennemi extraterrestre.

La série est fortement influencée par Getter Robo (1974) de Go Nagai et surtout des mangas tirés de l’anime dessinés par Ken Ishikawa. En effet, le scénariste Kazuki Nakashima est un fan des Super Robots des années 1970. Ainsi la mystérieuse énergie verte connue comme la puissance spirale est un clin d’œil aux rayons Getter qui possèdent la même teinte. Celles-ci s’avèrent mortelles pour les pilotes et tendent à les rendre fous, tandis que dans la série de Gainax, elle est générée par toutes les formes de vie ayant un ADN en double hélice.

Les scènes de combinaison des mecha deviennent de plus en plus surréalistes au fil de la série à la manière des combinaisons farfelues de Getter Robo. D’ailleurs, les robots ont été rendus organiques afin qu’ils soient plus faciles à animer. Vers la fin de la série, les mecha deviennent de plus en plus gros comme dans Getter Robo Go (1991) et l’adversaire final ressemble au monstre Ragūsu de Kyomu Senki (1999), autre manga d’Ishikawa.

De son côté, Hiroyuki Imaishi est plutôt un fan des séries de robots des années 80. C’est pourquoi les événements se déroulent dans un désert comme dans Sentō Mecha Xabungle (1982). Bien sûr, il fait aussi sienne la recette gagnante de Gainax en mettant en scène des filles aux formes rebondies. Le fan service est notamment assuré par Yoko, sniper vêtue d’un haut de bikini dont la caméra ne s’éloigne jamais beaucoup.

Animation déjantée

Après Evangelion, où le héros refusait de piloter, Gurren Lagann est ainsi un retour aux sources de l’anime de robot et aux héros virils des premiers shônen manga où seule la mort peut les empêcher de combattre.

D’autre part, Gurren Lagann est connue pour son animation déjantée, signature d’Imaishi pour qui tout est prétexte à la vitesse, au combat et aux explosions en tous sens. Fan de films d’action à la John Woo, Robert Rodriguez et Stephen Sommers, il met en scène les combats et des métamorphoses de plus en plus épiques.

Influencé par Yoshinori Kanada, Hiroyuki Imaishi aime quand cela bouge dans tous les sens quitte à ce que l’on ne comprenne pas toujours tout ce qui se passe à l’écran. Heureusement, son don pour l’animation est tempéré par les récits de Kazuki Nakashima qu’il a rencontré sur premier épisode de Re : Cutie Honey. L’auteur parvient à canaliser et donner un sens aux délires du réalisateur, qui donne vie aux élucubrations et rebondissements narratifs du scénariste. Leur alliance permet de créer un univers résolument optimiste où les personnages n’abandonnent jamais.

La série a été remontée sous la forme de deux longs métrages avec des scènes inédites : Gurren Hen (2008) et Lagann hen (2009). Parallèlement à cette diffusion en salles, Gainax sort une OVA de clips musicaux intitulée Gurren Lagann Parallel Works mettant en scène des histoires alternatives.

Depuis 2021, Hiroyuki Imaishi a récupéré les droits de la série et on peut espérer que le Studio Trigger, qu’il a fondé en 2011, fasse un jour une suite à cette saga héroïque.

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