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Gainax et l’invention du Bouncing Breast (poitrine rebondissante)

Bien avant que le twerk ne nous permette de voir bouger les muscles fessiers d’une manière inédite, les Japonais semblaient se passionner par les lois de la physique appliquée aux seins.

Plus précisément, le mouvement de rebond des tissus conjonctifs adipeux qui affole tant les hommes. C’est au studio d’animation Gainax que l’on attribue généralement le développement du « Bouncing Breast » (littéralement poitrine rebondissante), au point que l’on trouve régulièrement le syntagme « Gainax Bounce »…

Revenons à la fin des années 1980. Les maîtres nageurs ne couraient pas encore au ralenti et en maillot de bain sur la plage de Malibu dans Baywatch (début en 1989) que les héroïnes de Gunbuster (1988, Top O Nerae au Japon) enchainaient déjà les exercices physiques maltraitant leur poitrine.

Et c’est à ça que la suite du texte va s’intéresser durant les cinq prochaines minutes.

Pas besoin de ralenti, les poitrines rebondissantes ont pour caractéristique d’exagérer les mouvements naturels pour que tout le monde puisse profiter de la scène. Pour ma part, c’est presque aussi fascinant que regarder les desserts anglais à la gelée bouger en tout sens dans leur assiette…

Mais la série de six OAV n’est pas une simple compilation de poitrines en mouvement. Il s’agit d’une sorte de Top Gun version science-fiction avec les deux ingrédients clefs à même de satisfaire les mâles nippons : des filles et des gros robots.

Évidemment les tenues de combat sont plus proches du maillot de bain que des uniformes de Top Gun. On y retrouve aussi des références à la nouvelle de Robert A. Heinlein, Starship Troopers (1959 ; le film n’est sorti qu’en 1997) notamment à travers les ennemis insectoïdes.

Il s’agit d’une vraie série de SF avec des séquences explicatives à la fin des épisodes pour être sûr que vous ayez tout compris au niveau des concepts scientifiques utilisés.

C’était la première série dirigée par Hideaki Anno (Evangelion) et il a pris un plaisir certains à montrer les corps féminins dessinés par Haruhiko Mikimoto sous un autre angle.

Dès le générique vous pouvez admirer Noriko, personnage principal, marcher vers vous de manière déterminée, la poitrine ondulante. Le premier épisode montre les exercices physiques des jeunes recrues de l’armée.

Il s’agit d’être la meilleure pour pouvoir piloter l’un des robots géants et faire partie de l’équipe d’élite qui ira à la rencontre des extraterrestres.

Bien sûr Noriko saute à la corde et fait des pompes avec une caméra toujours bien placée pour un angle de vue « intéressant ».

Et lorsqu’un autre personnage passe au premier plan, c’est uniquement pour que la jupe se soulève une fraction de seconde afin de laisser voir la culotte blanche…

Les deux autres pilotes sont également des femmes au joli galbe que vous pouvez même admirer nues dans une scène de bain restée assez fameuse.

Je ne vous dirais pas dans quel épisode vous la trouvez, car l’anime est vraiment très bon et que vous devriez le voir intégralement et pas seulement pour ses scènes-là.

À la décharge des créateurs, il faut dire que le premier long métrage de science-fiction de Gainax, Wings of Honneamise (1987), était très sérieux et qu’il fut un échec commercial.

Malgré toutes les qualités de l’animation et du scénario, il n’avait pas su atteindre le public de SF (ou le marché qu’il représente était trop petit). Du coup, Gunbuster est une sorte d’antithèse de Honneamise.

L’anime affiche avant tout ses héroïnes peu vêtues pour attirer le public avant de l’embarquer dans un récit dramatique avec beaucoup de science-fiction en arrière-plan. Le Bouncing Breast vend mieux la SF que le reste.

Par la suite, le Bouncing Breast s’est aussi retrouvé dans d’autres médias populaires au Japon comme le jeu vidéo à travers la série des Dead or Alive de la Team Ninja.

Bien sût d’autres jeux de combats avaient déjà initié le mouvement comme King of Fighters avec une Mai Shiranui dont le bonnet F n’était maintenu que par la pudeur entre les deux bandes de tissus lui servant de vêtement.

En tout cas, nul doute que la 3D très rudimentaire du titre du premier Dead or Alive de 1996 a néanmoins aidé les adolescents à percevoir leurs premiers émois à la vue des poitrines rebondissantes des personnages féminins.

Dans Dead or Alive 5, les développeurs ont même proposé aux joueurs de choisir l’impact de la gravité sur le rebond, au cas peu probable où certains ne souhaiteraient pas voir bouger autant les seins (genre cela vous perturbe lorsque vous tenter un combo…).

Le plus pittoresque est de les entendre expliquer en interview qu’ils ont tenu à respecter la « physique » des seins des personnages de Virtua Fighter apparaissant en jeu.

Pour en revenir à Noriko et ses copines, sachez que le succès de la série a permis à Gainax de poursuivre avec une recette ayant fait ses preuves et de créer un public de fans de SF bien plus conséquent.

En parlant de science, sachez que le Bouncing Breast fait l’objet de recherches on ne peut plus sérieuses. Le professeur Joanna Scurr de l’Université de Portsmouth consacre son temps à étudier les effets de la pesanteur sur les tissus et ligaments qui forment la poitrine pour limiter la douleur.

En effet, lors d’un jogging le sein peut bouger de 21 cm ce qui entraîne des distensions importantes que la plupart des soutien-gorge ordinaires ne limitent pas.

Bref, s’il y avait un mot de la fin, ce serait celui-ci : « Noriko, CHANGE DE SOUTIF ! »


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