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L’attaque des Titans (Shingeki no Kyojin)

Si vous avez raté le coche en ce qui concerne L’attaque des titans ou Shingeki no Kyojin, pas d’inquiétude : deux films condensant la série animée sortent durant l’été 2015 pour faire un bon récapitulatif des premiers volumes du manga. Laissez-moi vous convaincre qu’il s’agit de l’une des séries à suivre actuellement.

Le manga comme l’anime débute de manière abrupte par l’attaque violente de créatures géantes appelées « titans » contre une ville d’apparence occidentale et médiévale.

Nous sommes dans un monde alternatif en l’an 845 de leur calendrier. Les héros évoluent dans un univers steampunk où les maisons à colombage côtoient les équipements à pression d’air.

Ce qui reste de l’humanité vit retranché derrière trois murs réputés infranchissables depuis un siècle. Mais l’apparition d’un titan plus grand que les autres change la donne : il brise le premier mur et laisse entrer ses congénères qui font un carnage.

Les humains n’ont que des canons et des épées pour se défendre. Ne vous fiez pas à l’apparence grotesques de ces géants, ils peuvent se régénérer rapidement et ne semblent avoir en tête qu’une seule chose : avaler le plus d’humains possible.

Le héros, Eren, et sa sœur adoptive Mikasa voient leur mère se faire dévorer par l’une de ces entités. Ils décident alors de s’enrôler dans l’armée afin de les combattre.

Cette entrée in medias res comporte ce qu’il faut de gorepour nous tenir bien accroché au siège. On sympathise assez vite avec les deux orphelins et leur ami Armin qui les suit durant les trois ans de formation.

Alors qu’ils se pensent aptes au combat, les titans attaquent de nouveau et les héros découvrent un peu tardivement que le combat réel diffère beaucoup de l’entrainement…

Bien sûr on peut se dire que Shingeki no Kyojin est la Nième série où la vengeance tient lieu de fil directeur. Comme dans Fullmetal Alchemist ou Neon Genesis Evangelion, la mère disparue dans des circonstances tragiques est le premier motif d’action.

Le père curieusement absent ou distant n’est bien sûr jamais pas tout à fait innocent. Est-ce pour pallier les manquements de cette figure d’autorité que ces orphelins s’enrôlent dans une organisation militaire ?

Edward Elric devient alchimiste d’État, Shinji est recruté par la Nerv, Eren et Mikasa passent les tests et sont formés dans la 104e brigade.

Certes, on retrouve certains stéréotypes dans les personnages. Eren est téméraire et peu réfléchi tandis que Mikasa est une tueuse à sang-froid ; Armin se montre plus apte à élaborer des stratégies qu’à combattre.

Même s’ils sont complémentaires, leur trio ne suffit pas à lutter contre les titans et les morts nombreuses jalonnent la progression de l’histoire. Heureusement, la très grande galerie de personnages secondaires permet de donner du corps au récit.

Dans ce shônen, le trio de héros assez conventionnel n’est là que pour faciliter l’identification et nous plonger dans ce qui fait vraiment l’originalité du récit. Composé d’adultes, le trio du bataillon d’exploration donne une autre dimension à l’histoire et un spin off est d’ailleurs consacré à l’un d’eux.

L’importance de la vitesse

Dans l’univers de L’Attaque des titans, la vitesse est l’élément clef pour rester en vie. Vu la taille des adversaires, il est illusoire de fuir à pied. Les soldats sont équipés d’un système de grappins et de gaz pour se propulser plus rapidement autour des titans et leur donner le coup de grâce sur une zone spécifique de leur nuque.

Mais cela ne suffit pas toujours pour échapper aux mains géantes des ennemis. Les titans chassent ou agrippent les soldats comme des moucherons importuns.

La vitesse est également au cœur du récit qui nous fait très vite passer d’une émotion à une autre et les rebondissements sont nombreux. Même si les personnages évoluent dans un contexte militaire, les tirades belliqueuses et autres appels héroïques ne durent pas longtemps.

Ils sont généralement vite suivis par une série de morts montrant bien qu’en aucun cas l’auteur ne célèbre l’armée.

D’ailleurs, il insiste beaucoup sur les différentes réactions de peur chez les soldats qui découvrent les titans réels après s’être entrainés sur des modèle en bois.

Panique, désespoir, angoisse, les émotions paralysent la plupart des soldats incapables de réfléchir et d’agir rationnellement face aux ennemis. C’est d’autant plus problématique que Shingeki no Kyojin se garde bien de définir qui sont réellement les ennemis.

Où sont les ennemis ?

On pourrait croire que les « méchants » de l’histoire sont les titans. Ces créatures gigantesques ne semblent pas avoir besoin de tuer des humains pour vivre. Néanmoins, ils les pourchassent et les avalent, les tuant au passage.

Pour quelles raisons ces êtres chassent les hommes alors qu’ils n’en ont pas physiologiquement besoin ? Des éléments de réponses apparaissent au fil des épisodes lorsque les héros sont intégrés dans le bataillon d’exploration dont le but est de reconquérir des territoires et de faire des recherches sur ces êtres.

D’autres questions trouvent également des réponses à mesure que L’attaque des Titans progresse. L’existence des trois murs protégeant l’humanité contre le monde envahi par les titans est donnée comme un fait qui n’est jamais remis en question au début de la série.

Mais assez vite, la série nous pousse à nous interroger sur l’origine de ces murailles et leur rôle. Les parents d’Armin faisaient partie des personnes trop curieuses désireuses de voir le monde hors de murs. Ils ont disparu, laissant le jeune garçon avec ses grands-parents.

Les murs sont-ils réellement là pour protéger l’humanité ou ont-ils une autre fonction ?

Ajoutons à cela une secte qui prend de plus en plus d’ampleur au niveau politique. Ces membres vénèrent les trois murs et les considèrent comme des divinités : il ne faudrait pas les toucher et bien ne pas les modifier en y apportant des éléments défensifs comme des canons.

D’autres personnes semblent parfaitement contentes de la situation et tirent profit de la division de la société en classes et régions séparées par les murs.

L’attitude pragmatique et méfiante d’Erwin Smith, commandant du bataillon d’exploration, devient alors celle que le public adopte face aux différentes factions qui se dévoilent au fil des épisodes.

L’intrigue est vraiment dense et l’univers décrit offre un intérêt grandissant à mesure que l’on découvre tous les personnages secondaires nous permettant de l’explorer à différents niveaux.

Qui sont les humains ?

Autre question récurrente dans Shingeki no Kyojin, on peut se demander qui sont vraiment ces humains. Différents flashbacks nous indiquent que Mikasa est à moitié asiatique, composante ethnique extrêmement recherchée car les asiatiques ont été décimés de la surface de la terre. Il semble que ce soit également le cas d’autres peuples.

En conséquence, ces minorités semblent pourchassées pour le plaisir de riches pervers. On peut se demander dans quelle mesure les hommes ont un comportement « humain » envers leur semblable.

Il en est de même avec les habitants de la ville souterraine. Elle croit sous le monde à la surface de la terre et se compose d’humains trop pauvres ou trop malchanceux pour vivre à l’air libre sous le soleil.

Là encore, on s’interroge sur les comportements des riches propriétaires percevant taxes et impôts sur le dos des personnes qui vivent et meurent sous terre.

Bien sûr, la question de l’humanité concerne principalement le héros qui a juré de venger ses parents en tuant tous les titans mais qui découvre qu’il peut se transformer en l’une de ces créatures.

Est-il humain ? Est-il un monstre que l’on doit abattre ? La question devient d’autant plus importante que l’on découvre qu’il est loin d’être le seul à pouvoir se métamorphoser en géant. Les limites entre monstre et humain sont bien plus floues qu’on pouvait le penser en début de série et à mesure que l’intrigue progresse d’autres questions s’élèvent.

Rassurez-vous, L’attaque des Titans n’est pas d’un nouveau Lost où vous êtes baladé d’énigmes en énigmes sans vraie réponse. D’autre part, il ne devrait pas y avoir d’effet One Piece avec des volumes de manga qui n’en finissent plus de s’accumuler dans votre bibliothèque et grever le compte en banque.

En 2013, l’auteur Hajime Isayama déclarait vouloir finir son récit en vingt volumes. Il y a actuellement 16 volumes publiés et l’on semble en bonne voie pour lever le mystère sur beaucoup de points.

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